STUNNINGLAND

Sportivité, cette inconnue…

La sportivité en matière de peche, ce n’est pas d’avoir des muscle bien entrainés, des gestes prompts et aisés, un style impeccable; ce n’est pas de se livrer à la peche à la mouche en gaspilleur de forces physiques et morales, savoir grimper, se trainer à quatre pattes, supporter gaillardement le froid et la chaleur, la pluie et le vent; ce n’est pas de se montrer exclusiviste en se daignant attaquer une truite qu’avec une mouche sèche du grand faiseur et regarder de travers ceux qui montent une mouche noyée quant il n’y a pas de gobages.

Non, la sportivité, dans notre esprit, c’est tout autre chose; c’est un mélange de noblesse d’esprit et de générosité, vis-à-vis des confrères. cela va sans dire, mais surtout vis-à-vis des poissons. La sportivité, c’est de ne pas prendre plus de truites que l’on n’en peut consommer ou offrir, plus qu’il n’est utile d’en prendre; c’est d’attaquer le poisson à armes égales, c’est-à-dire en lui laissant un certain nombre de chances de vous échapper s’il se défend intelligemment; c’est de choisir le poisson et de laisser à la nursery les truites qui prennent la mouche comme des fous; c’est de se fixer à soi-meme une échelle de tailles aussi largement supérieures que possible à celles qu’ont fixées les lois et vigueur; c’es de ne pas faire souffrir inutilement le poisson; c’est d’accorder à cet ennemi l’estime que l’on a pour un vaillant adversaire. C’est en un mot, de considérer les truites comme des choses admirables, précieuses, infiniment sympathiques, la rivière comme un domaine sacré, et de considérer  soi-meme comme admis à gouter en connaisseur, en dilettante, en artiste, les joies que l’onde et ses habitudes réservent à qui est digne de se mesurer avec eux.

(A la Mouche – Burnand-Ritz – 1938)

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